Nautique de Saint-Malo 2026 : Retour sur la table-ronde « Innovations et transitions »

17/04/2026
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Saint Malo

Porté par la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Ille-et-Vilaine, le salon Nautique de Saint-Malo ambitionne de devenir le principal rendez-vous nautique de l’Ouest. Au-delà de sa dimension événementielle, ce salon se positionne comme un outil de développement territorial, accompagnant les grandes transitions du secteur du nautisme et favorisant les coopérations entre professionnels. Dans cette perspective, une table ronde sur les innovations et les transitions s’est tenue le vendredi 17 avril dernier. Retour sur les échanges.  

En ouverture de la table-ronde, Anne Gallo Kerleau, vice présidente de la Région Bretagne en charge du nautisme, a rappelé les engagements et les actions de la collectivité en faveur du nautisme.  La Région Bretagne ne considère pas le nautisme uniquement comme un secteur économique, mais comme un levier de transformation global : économique, écologique et social mais aussi territorial et identitaire. La Bretagne positionne explicitement le nautisme comme un “laboratoire des transitions écologiques et sociales”.  

En termes de transition écologique, les orientations de la Région vont vers :  

  • La décarbonation des bateaux (électrique, voile, hydrogène) 
  • L’écoconception et le recyclage (fin de vie des navires)  
  • Des ports “propres”, sobres et producteurs d’énergie  
  • L’adaptation au changement climatique (montée des eaux, infrastructures)  

En termes de transition sociale, la Région souhaite :  

  • Un accès élargi aux pratiques nautiques (jeunes, publics précaires, femmes)  
  • Le développement des classes de mer  
  • Une amélioration des conditions de travail et de l’attractivité des métiers  
  • L’égalité femmes-hommes intégrée dans toutes les actions 

Entre 2023 et 2025, 60 projets et entreprises du nautisme ont été accompagnés par la Région Bretagne, représentant près de 2 millions d’euros d’investissement. Les priorités portant sur : 

  • L’innovation et le nautisme du futur : navigation intelligente, intelligence artificielle, navigation propre et autonome 
  • La transition énergétique dans les ports  
  • Les nouveaux usages maritimes  
  • Le soutien à la présence des entreprises dans les salons nationaux et internationaux 

La table-ronde qui a suivi a mis en lumière la richesse et la diversité de l’innovation dans la filière nautique bretonne, à travers trois illustrations concrètes et complémentaires. 

L’innovation matériaux et le recyclage des voiles, avec la voilerie All purpose

Le projet Trilam BioTex, soutenu par l’ADEME, est une initiative collaborative qui rassemble quatre acteurs majeurs du secteur nautique, dont All Purpose, tous engagés dans la réduction de l’impact environnemental. Ce projet vise à créer un tissu ou une membrane biosourcée et recyclable. Une quarantaine de voiles biosourcées ont déjà été produites avec des fibres naturelles, proposant ainsi une alternative durable aux voiles de bateaux encore majoritairement issues de la pétrochimie. Après un test en premier lieu sur du lin, c’est la fibre d’ortie qui semble aujourd’hui une alternative prometteuse. De plus, il s’agit d’une alternative locale, avec une maîtrise de la chaîne de A à Z, car une filature a été lancée à Naizin dans le Morbihan pour cultiver des orties en collaboration avec des agriculteurs locaux. 

Après des essais validés en course au large (notamment sur le Vendée Globe), la déclinaison en produits de croisière rencontre aussi un succès inattendu. 

En plus des bio matériaux, All Purpose a lancé un projet de collecte de voiles d’occasion (avec des points de collecte partout en Bretagne ou en direct à la voilerie). Le service propose notamment une expertise des voiles déposéesune remise en état et revente (avec rétrocession de la somme au propriétaire une fois vendue)et une transformation possible (recoupage, adaptation à d’autres bateaux). 

Parmi les réalisations notables All Purpose cite le réusage de voiles pour des bateaux d’exploration scientifique ou encore une transformation d’une grand-voile de catamaran en grand-voile aurique pour un tour du monde (40 000 milles parcourus). En tout, plus de 500 voiles ont été remises en circulation. 

Les voiles irrécupérables font, elles, l’objet d’une récupération de pièces (boîtiers, taquets, flèches, morceaux de tissu) pour des artisans. Une filière de recyclage est en cours de développement depuis 3 ans. L’enjeu est fort car les voiles actuelles (en matériaux composites) sont non biodégradables et finissent généralement en déchetterie, enfouies ou incinérées. 

L’innovation d’usage avec le refit et l’économie circulaire appliquée aux bateaux d’occasion, avec le témoignage de 3D Refit

Avec un modèle industriel original combinant scan laser, réalité virtuelle, matériaux recyclés et modularité, Philipe Corroller, DG de 3D Refit, a présenté son concept de rénovation intérieure de bateaux d’occasion.Haut du formulaire 

3D Refit maîtrise toute la chaîne du refit intérieur, en passant par son bureau d’études, son service de numérisation 3D et sa menuiserie intégrée. 

Le process industriel refit, en prolongeant la durée de vie du bateau, offre une alternative à la déconstruction.  

Avec l’utilisation de PET recyclé ou produits biosourcés, mais aussi la notion de gain de poids (généralement de 700kg) qui permet le rééquipement avec des technologies modernes et des équipements conformes aux nouvelles règlementations portuaires, le refit est la solution pour des bateaux plus responsables.  

Les éléments déposés lors des refits sont triés, référencés et remis sur le marché via une recyclerie marine opérée par 3DRefit. Cette approche circulaire permet de réduire les déchets et de prolonger la durée de vie des composants nautiques. À terme, l’objectif est de constituer une véritable base de matériaux réutilisables. 

L’innovation servicielle, dans l’accompagnement à la pratique, avec le témoignage de Coach Plaisance

Les plaisanciers peuvent compter sur le dispositif Coach Plaisance pour augmenter leurs compétences, leur autonomie ainsi que la sécurité à bord. 

Le dispositif s’appuie aujourd’hui sur 25 coachs professionnels diplômés, déployés dans l’ensemble des ports de plaisance bretons. 

Le coach embarque sur le bateau du propriétaire, qui reste responsable du navire. Le public cible est principalement composé de plaisanciers ayant changé de bateau (passage à une unité plus grande) et ayant besoin d’acquérir de nouvelles compétences sur leur propre bateau.  

Selon les attentes formulées, ils guideront les plaisanciers dans l’acquisition des gestes et attitudes de « bon marin ». Des rudiments de la navigation plaisancière à l’expertise du grand large, l’offre est segmentée de manière lisible, avec un large panel de choix. 

L’objectif de Coach Plaisance aujourd’hui est de mieux faire connaître cette offre, créer des synergies avec les concessionnaires nautiques, la Région Bretagne (via Navibreizh Bretagne), l’Association des ports de plaisance de Bretagne et la Ligue Bretagne de voile. 

17/04/2026
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